Ça fait 3 heures que je cherche la sortie ; Les échoppes sont toutes les mêmes, aucun moyen de me repérer. J'essaye de suivre l'itinérant, celui qui pousse son chariot douteux en criant "HIELO HIELO !", mais lui aussi il tourne en rond. J'ai les légumes et tout ce qu'il me faut pour cuisiner ce soir ; Les avocats sont déjà écrasés tout dans le fond... Ça sent le guacamole dans mon sac-a-dos !

Les quincailliers s'endorment derrière des montagnes de casseroles, les vendeuses de fruits combattent les mouches armées de vieilles tapettes en plastique. Les pièces de viande pendues aux crochets des bouchers, gigantesques, n'en finissent plus de grisonner dans la chaleur de l'après-midi...

Le prix du sac-a-dos que j'ai examiné en arrivant diminue a chacun de mes passages fortuits devant son vendeur. Les vieilles qui vendent la soupe me font des sourires édentés, m'aguichant avec leurs ceviches tout frais, et les femmes en habits colorés qui tapotent la pâte a tortilla entre leurs mains semblent m'applaudir sur mon passage. Je les observe un instant. J'achete une demi douzaine de tortillas et me résigne a demander mon chemin...

La sortie n'etait pas si loin. Une fois dans la rue, je me dis que, certes, au Delhaize ça va plus vite, mais que même si il s'en ouvrait un demain au coin de la rue, je reviendrais me perdre dans le dédale des allées du (super) marché municipal.

 

Je suis maintenant sur les bords du lac Attitlan, au Guatemala. Samedi j'ai été engagé comme volontaire dans une guest house a Antigua. Ce matin j'ai démissioné : Ils ne voulaient pas me donner un seul jour de congé sur le mois que j'avais prévu de passer la-bas. Je suis volontaire, pas esclave, nondidju !